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La décharge de Castries, une installation dangereuse

1 - Le contexte

Depuis l'inauguration de l'usine de traitement mécanique des déchets de Montpellier, Amétyst, nous ne cessons de dénoncer les actions de l'Agglo de Montpellier puis de son successeur Montpellier-Métropole, pour utiliser une décharge comme exutoire. Voyez notre dernier article en la matière (cliquez sur ce lien). Comme l'ont dit nos amis de l'ACIDC et de Guzargues, les déchets qui ont été enfouis dans un des trous de la carrière GSM ne sont pas du tout inertes, ils sont pleins d'énergie : ils l'ont prouvé, ils brûlent. La preuve, l'incendie du 20 juillet 2014 (cliquez sur ce lien). Un second incendie s'est déclaré dans la nuit du 14 au 15 juillet 2019 (cliquez sur ce lien). Les dates des incendies constituent un premier indice : il y avait canicule le 20 juillet 2014 comme le 14 juillet 2019. Un certain nombre de communes de l'Hérault avaient annoncé l'annulation des feux d'artifice pour la soirée du 14 juillet 2019. Celui de Castries n'était pas prévu : a-t-on pris des précautions particulières pour prévenir l'inflammation du méthane qui se dégageait là ? Car cet ISD-Non-Dangereux pour l'administration dégazait fortement du méthane et des odeurs.

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Fig. 1 : vue satellite (Google Earth) carrière GSM au nord-ouest (tache claire) et casiers 1 et 2 au nord (plus sombres)

La chaleur de la canicule a intensifié les réactions chimiques et notamment la fermentation méthanogène sans qu'il y ait possibilité de la ralentir. Une étincelle, un éclat de verre faisant loupe ont suffi à enflammer (il devait faite 40°C à l'ombre ce jour là).

1.1 - Nos premières observations

Nous avons été alertés par l'ACIDC (collectif castriote) qui fait partie du CIDES34. Le courriel de J-F. R. est consultable (cliquez sur ce lien). Nous avons reçu ce courriel le 16 juillet au matin et nous nous sommes immédiatement rendus sur le point haut de la clôture nord de la décharge. Le spectacle était dantesque, la paroi était recouvert des lambeaux de la membrane plastique censée protéger la roche contre les infiltrations des jus de décharge (les lixiviats). Ces lixiviats sont toxiques et capables de polluer durement les nappes d'eau souterraines de ce massif de calcaire karstique creusé par la carrière GSM (trés active). Les casiers 1 et 2 sont installés dans le trou sud. Nous avons observé une noria de camions à bennes allant chercher de la terre et la déversant devant un bulldozer. Cette activité était encore fébrile le 17 juillet au matin. D'autres observations seront données et commentées plus loin.

1.2 - Le chemin des crêtes est

Depuis le sommet du massif, un chemin de terre non revêtu longe le sommet est de la carrière-décharge et aboutit à une porte cadenassée qui sonne accès à la partie sud de l'ISDND, là où la noria de camions à bennes déversait leur contenu de terre. Il est déconseillé d'aller au bout, le chemin est raviné profondément. On passe devant une borne incendie calcinée. Le 16 au matin, alors que je photographiais, j'ai été apostrophé et on a tenté de m'intimider alors que le chemin est un domaine public. J'ai répliqué. Je suis revenu le 17 au matin pour constater l'avancement des travaux de recouvrement.

Ce chemin a été frôlé par les flammes et a joué le rôle de tranchée pare-feu.

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Fig. 2 : Depuis le chemin des crêtes est, le sommet de la falaise artificielle de l'ancienne carrière devenue ISDND
et la borne incendie carbonisée

Les flammes 'ont pas traversé le chemin mais des escarbilles auraient pu enflammer les herbes sèches derrière nous, portées par le vent.

1.3 - Le reportage photos de nos Guzarguois

Merci à nos amis de Guzargues. Elle est membre de l'ODAM. Elle représente l'AMIES au sein du CIDES34 dont elle est un des fondateurs. Avec Fabrice, elle a réalisé un reportage commenté de l'incendie. Nous devons remercier les sapeurs-pompiers qui on bataillé toute la nuit car les avions de lutte anti-incendie n'interviennent pas la nuit. Cliquez sur ce lien. Ce reportage et nos observations amènent à poser un certain nombre de questions aux différentes administrations, celles territoriales qui ont imaginé le système montpelliérain de traitement de déchets (MMM), à celles nationales qui ont instruit un dossier de non-dangerosité et autorisé les exploitations de carrières converties en ISDND et aux industriels qui ont proposé les solutions de « stabilisation » des déchets, sans oublier les fonctionnaires cadres HN territoriaux de MMM chargés de conseiller les élus et leur Président. Tous sont solidaires et responsables.

2 - Les observations de l'ODAM

L'ODAM connait bien les lieux pour avoir participé avec l'ACIDC à des manifestations sur le site. Nous nous comme donc rendus sur l'extrémité nord de la carrière GSM où est installée l'ISDND. Nous avons pu constater une intense activité de fourmilière.

2.1 - Le creusement de la carrière GSM

L'activité d'extraction de pierre et de granulats n'a jamais cessé après l'implantation de l'ISDND (2 casiers, figure 1, côté gauche ou est de la carrière). La vue que nous avons prise le 18 juillet montre bien ce creusement.

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Fig. 3 : vue vers le sud depuis la clôture nord de la carrière

Nous sommes derrière la clôture nord, face au sud et on constate que le massif des déchets est recouvert maintenant de terre marron-ocre. Il est en surplomb d'au moins 20 mètres par rapport au plancher blanc de la carrière supportant des tas de granulats (en contrebas à droite). Une vue vers l'ouest montre l'extension vers l'ouest de l'exploitation.

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Fig. 4 : vue vers l'ouest depuis le sommet est de la zone d'extraction

La carrière est active. On aperçoit au centre les installations de broyage de la roche et le tapis convoyeur vers les zones de stockage. Le creusement en profondeur semble s'être arrêté.

2.2 - La mise en surplomb du casier 2

Donc, le creusement de l'exploitation a abaissé le plancher de la carrière et mis le massif de déchets en surplomb. Ce n'est pas le recouvrement de terre qui empêchera le basculement des déchets mal ou peu stabilisés et qualifiés d'inertes. Lors de notre visite le 18 juillet 2019, l'activité d'enfouissement-recouvrement était à son comble. On voyait une noria de camions à benne basculante déverser de la terre devant le bulldozer (photo ci-après Fig. 5).

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Fig. 5 : camion amenant le terre, bulldozer et pelle mécanique

Cette vue est prise à 50 m de la fin de la piste qui longe le sommet est de la carrière-ISDND, fin de piste aboutissant à un portail d'accès fermé à clef (à la hauter de la voiture, derrière le camion.

Je suis descendu pour étudier la possibilité d'un demi-tour de ma voiture, l'endroit étant pronfondément raviné. L'odeur d'ordures en fermentation était atroce et puissante, difficile à décrire, aigre tirant sur le fond de poubelle. De plus, les employés occupés à recouvrir ce bout d'ISDND semblaient peu apprécier notre visite. Nous espérons qu'une autorité judiciaire et des experts ont pu examiner les lieux avant qu'ils ne soient recouverts de terre ? Si cela n'a pas été fait, nous n'en serions que plus surpris et étonnés. C'est un site dangereux, l'incendie le prouve. Nous appelons les pompiers à témoigner de leur nuit.

2.3 - Les conséquences sur le massif calcaire

Que se passerait-il en cas d'inondation des déchets par des pluies violentes. Les lixiviats pourraient déborder et couler sur le plancher de la carrière qui n'est pas protégé par des géo-membranes. Le danger existe, a-t-il été correctement évalué ? Il y a dans ce massif calcaire karstique des circulations souterraines et une nappe d'eau qui était potable. Devant la raréfaction des ressources en eau de notre département, un tel danger pourrait être qualifié de criminel.

Le commentaire de l'ACIDC est clair et la vue n° 5 du reportage des guzarguois est sans appel, nous le validons, ci-après.

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Fig. 6 : diapositive n° 5 du diaporama fait par Patrice et Lucile de Guzargues.

La dangerosité du site va coûter cher à la Métropole de Montpellier. Enfouir des déchets dangereux qui vont continuer à fermenter a un coût pour nous contribuables. Les élections approchent.

3 - Le suivi post-ISDND

L'ISDND (le mal nommé) va fermer son casier prochainement. Nous verrons bien. En attendant, nous avons trouvé sur le net une annonce pour un appel d'offres en vue d'un suivi post-exploitation de l'ISDND de Castries. On nous annonce 640.000 €uros qui seront engagés. On veut bien mais où sont les solutions pour enfouir les stabilisats mal satbilisés de l'usine Amétyst ? Rien n'e encore été mis sérieusement en place pour faire un vrai tri à la source des déchets à Montpellier et éviter de mélanger déchets mal nommés résiduels avec les précieux biodéchets ?

Sur la nature du terrain (massif de callcaire coquillier du miocène), nous aimerions avoir l'avis du BRGM.

Il faut fermer Amétyst dans les plus brefs délais, cette usine est dépassée, obsolète : un fiasco économique et technique selon nous et selon la cour des comptes ! Personne ne pleurera le pseudo compost soi-disant normé qui empoisonne nos sols agricoles dont les propriétaires ont été grugés.

Raymond GIMILIO
Président de l'ODAM
Docteur en sciences biologiques mention écologie
Chevalier du Mérite national agricole


Date de création : 19/07/2019 ¤ 18:41
Dernière modification : 20/03/2020 ¤ 18:38
Catégorie : Décharges
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